Slayer « Reign in Blood »

Reign in Blood est de ces rares albums que je peux tranquillement ranger chez moi dans le rayon « Disques parfaits » Et il n’y en a pas beaucoup d’autres, une dizaine voire une vingtaine dans mon panthéon personnel.

L’œuvre est fulgurante, brutale, intense, d’une densité inouïe qui confine à la boucherie méthodique, au génocide de masse pratiqué par des esthètes criminels.

Auschwitz, the meaning of pain,

The way that I want you to die,

Comme si, méticuleusement ligoté sur le billot d’une salle de chirurgie avec Slayer en guise de staff médical, le Dr Tom Araya se penchait sur notre carcasse d’auditeur pour nous déclamer ces mots en guise d’avertissement. D’ailleurs  la splendide couverture dessinée par Larry Carroll nous indique clairement, avant même les délicates prémisses du Dr Araya, qu’ici on ne sera pas ménagé et que le sang coulera à flots.

Ce qui distingue le chef d’œuvre de Slayer des autres classiques du metal, c’est la progression implacable du disque, titre après titre, l’ambiance noire et martiale qui s’y déploie, l’algèbre diabolique des riffs, leur précision chirurgicale, la présence d’une batterie hallucinante qui soutient à elle seule la structure globale de l’album. Que tant de brio dans l’exécution instrumentale, dans l’art de la composition et de la production, dans le raffinement de l’esthétique obscure du metal soit réuni en un seul album tient tout simplement du miracle, du « disque parfait ». Aucune note ne peut être ajoutée à Reign in Blood, aucune autre ne peut y être retirée. La recette mystérieuse de cet album a été perdue pour de bon, même si Slayer s’essayera par la suite à taquiner son propre chef d’oeuvre de près avec l’impressionnant Season in the Abyss. L’album se pose là, comme mètre étalon du genre, comme paradigme éternel de la violence métallique. Tant d’autres groupes de metal agressif, de tous genres et sous-genres, ont tenté de réaliser leur Reign in blood mais tous ont échoué lamentablement (ou honorablement, là n’est pas le problème).

Ce qui est aussi remarquable chez Slayer, c’est leur volonté jusqu’au-boutiste d’aller chercher le diable là où il se niche, créant cet incroyable potentiel de malfaisance qu’ils surent développer dans cet album. Si jamais vous pensez que le diable n’existe pas, tendez une oreille à Reign in Blood. Si vous n’entendez même pas résonner ses pas au loin sous la pluie et le tonnerre clôturant le disque, c’est que votre âme est déjà damnée.

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