Clan of Xymox « Medusa »

FolderMedusa est un de ces petits bijoux atmosphériques dont le label culte 4AD nous a gratifiés tout au long des années 80. Après un premier album éponyme prometteur, Clan of Xymox poussent leur crossover darkwave/synthpop plus loin dans la noirceur, avec des atmosphères plus fouillées, des mélodies plus sophistiquées et une production plus maîtrisée. Ronny Moorings chante mieux aussi : une voix plus mélancolique et moins marquée par les clichés et tics new wave à la Robert Smith ou Dave Gahan même si l’influence est toujours là. Medusa est un album au romantisme sombre et désespéré, un peu dans la veine de ce qu’avait fait Depeche Mode avec Black Celebration. Une musique à la fois planante et vigoureuse, rêveuse et cérémoniale, faite de paysages sonores froids et pénétrants, de rythmiques plombées à la boîte à rythme eighties, de guitares triturées et parcimonieuses, de voix tristes et lointaines. Des arpèges classieux et complexes aux plus simples et accessibles mélodies synthpop, tout est bien écrit, structuré et emballé, dans un rendu sonore clair et cristallin. Ce qui est d’ailleurs une prouesse au vu de l’écrasante présence des synthés, bien dans l’air du temps (l’album sort en 1986), qui aurait pu donner à l’ensemble ce rendu kitsch et bricolo, cette aura Bontempi d’occasion qui fait que pas mal de productions musicales de l’époque ont mal vieilli (réécouter certains New Order pour s’en convaincre). Il n’en est rien ici. Medusa est une rêverie gothique qui vous prend aux tripes du début à la fin.


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Dead Can Dance « The Serpent’s Egg »

  The Serpent’s Egg est le quatrième album de Dead Can Dance et représente un aboutissement dans la discographie très cohérente du groupe. L’album s’ouvre sur un de leurs plus beaux morceaux The Host Of Seraphim, et installe dès les premières notes cette ambiance magique et spirituelle, à la fois intimiste et hiératique qui leur est propre. La voix légendaire de Lisa Gerrard n’a pas besoin d’effets tape-à-l’oeil ni d’arrangements pompeux pour que le charme opère d’emblée et Dead Can Dance semble l’avoir très bien compris ici. L’orchestration sobre et majestueuse permet aux voix d’accomplir des miracles parfois sans rien d’autre qu’une percussion rachitique en fond sonore (Echolalia). Cet album justement tire toute sa force de son dépouillement et s’avère être la bande son idéale pour un recueillement intimiste ou une retraite ascétique loin des bruits chaotiques d’une modernité dissolue. Le rendu acoustique remarquable de l’album le place à mon avis comme étant leur meilleure production, en tous les cas la plus représentative de ce que leur musique peut apporter, entre les débuts dark et heavenly et la suite de leur discographie plus tournée vers le médiéval et l’exploration de chants folkloriques africains et asiatiques.