Ulver « Blood Inside »

b_6553_Ulver-Blood_Inside-2005Blood Inside comme un retour à quelque chose de plus organique pour le caméléon Ulver sans forcément abandonner l’approche electro froide de leur virage post métallique. Après la dark trip hop de Perdition City, le son reste largement synthétique et texturé mais cette fois des éléments de rock prog 70’s, de musique classique et de jazz, en plus du chant émotif et impliqué de Garm, injectent un sacré sang neuf dans cette collection de morceaux qui pourraient sembler d’une froideur rebutante au premier abord. L’ambiance globale, sombre et fouillée, tantôt grandiloquente et tantôt intimiste, est le fruit d’une production ou plutôt d’un design sonore qui joue continuellement entre l’ombre et la lumière, entre le machinal et l’organique. Le mixage du disque a parfois même du mal à contenir tous les débordements et les variations de styles et de tons dans un cadre sonore homogène. Certains passages d’une densité telle qu’ils pourraient presque passer pour brouillons, mettent en valeur les passages plus dépouillés et lumineux. L’album culmine dans un final exceptionnellement dense et chargé (Operator), où le chant de Garm fusionne parfaitement avec le foisonnement d’idées et de sonorités. Blood Inside est un album aventureux et abouti, où l’expérimentation la plus audacieuse cohabite avec les plus belles envolées mélodiques. Un authentique périple de l’esprit à travers un labyrinthe sonore inquiétant et luxuriant. Un must dans la discographie exceptionnellement variée d’Ulver.

Publicités

Dead Can Dance « The Serpent’s Egg »

  The Serpent’s Egg est le quatrième album de Dead Can Dance et représente un aboutissement dans la discographie très cohérente du groupe. L’album s’ouvre sur un de leurs plus beaux morceaux The Host Of Seraphim, et installe dès les premières notes cette ambiance magique et spirituelle, à la fois intimiste et hiératique qui leur est propre. La voix légendaire de Lisa Gerrard n’a pas besoin d’effets tape-à-l’oeil ni d’arrangements pompeux pour que le charme opère d’emblée et Dead Can Dance semble l’avoir très bien compris ici. L’orchestration sobre et majestueuse permet aux voix d’accomplir des miracles parfois sans rien d’autre qu’une percussion rachitique en fond sonore (Echolalia). Cet album justement tire toute sa force de son dépouillement et s’avère être la bande son idéale pour un recueillement intimiste ou une retraite ascétique loin des bruits chaotiques d’une modernité dissolue. Le rendu acoustique remarquable de l’album le place à mon avis comme étant leur meilleure production, en tous les cas la plus représentative de ce que leur musique peut apporter, entre les débuts dark et heavenly et la suite de leur discographie plus tournée vers le médiéval et l’exploration de chants folkloriques africains et asiatiques.